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Conduire en tong : est-ce interdit et que risquez-vous ?

La question n’est donc pas seulement de savoir quelles chaussures sont portées, mais si celles-ci permettent de conserver une maîtrise suffisante du véhicule.

À retenir

  • Conduire en tongs n’est pas interdit en soi.
  • Les chaussures ne doivent pas gêner l’utilisation des pédales.
  • Une verbalisation peut être fondée sur l’article R. 412-6 du Code de la route.
  • L’amende forfaitaire est de 35 euros.
  • Cette infraction n’entraîne pas de retrait de points.
  • L’immobilisation du véhicule peut être prescrite, mais elle n’est pas automatique.

Peut-on conduire en tongs en France ?

Aucune disposition du Code de la route n’interdit spécifiquement de conduire en tongs, en claquettes, en sandales ou pieds nus. Il n’existe donc pas d’infraction intitulée « conduite en tongs ». Le simple fait de porter ce type de chaussures ne suffit pas, à lui seul, à caractériser une contravention. En revanche, l’article R. 412-6 du Code de la route impose à tout conducteur de se tenir constamment en état et en position d’exécuter commodément et sans délai les manœuvres qui lui incombent. Cette règle concerne notamment la liberté de mouvement nécessaire pour accélérer, freiner ou débrayer. Les tongs peuvent alors poser difficulté lorsqu’elles :
  • glissent du pied ;
  • se replient sous les orteils ;
  • se coincent sous une pédale ;
  • retardent l’accès à la pédale de frein ;
  • empêchent d’appuyer fermement sur une pédale ;
  • obligent le conducteur à regarder ses pieds ou à replacer sa chaussure.
Ce n’est donc pas la tong en elle-même qui est sanctionnée. C’est la gêne concrète qu’elle peut occasionner dans la conduite.

Note de Maître Lefebvre

Le Code de la route ne permet pas de considérer automatiquement toute conduite en tongs comme une infraction. Pour verbaliser le conducteur, les forces de l’ordre doivent rattacher la situation aux obligations prévues par l’article R. 412-6.

Pourquoi peut-on être verbalisé en conduisant en tongs ?

Les forces de l’ordre disposent d’un pouvoir d’appréciation lors du contrôle. Elles peuvent considérer que les chaussures du conducteur ne lui permettent pas d’effectuer commodément et sans délai les manœuvres nécessaires. Cette appréciation doit normalement reposer sur les circonstances observées. L’agent peut notamment relever que :
  • la chaussure n’est pas maintenue au pied ;
  • le conducteur éprouve des difficultés à utiliser les pédales ;
  • une tong se trouve coincée ou déplacée dans la zone du pédalier ;
  • le conducteur a dû replacer sa chaussure pendant qu’il circulait ;
  • les mouvements du pied ne permettent pas un freinage rapide.
Le port de tongs peut également être relevé après un comportement de conduite inhabituel, par exemple un freinage tardif, une trajectoire irrégulière ou une difficulté à redémarrer.

Quelle amende risque-t-on en conduisant en tongs ?

La violation de l’article R. 412-6 est punie de l’amende prévue pour les contraventions de deuxième classe. Le même article prévoit également que l’immobilisation du véhicule peut être prescrite.
Conduite en tongs : les sanctions possibles
Situation Conséquence possible
Simple port de tongs sans gêne constatée Aucune infraction spécifique
Chaussures empêchant les manœuvres Contravention de deuxième classe
Montant de l’amende forfaitaire 35 €
Montant minoré 22 €
Montant majoré 75 €
Retrait de points Aucun
Immobilisation du véhicule Possible, mais non automatique
Les montants applicables aux contraventions de deuxième classe sont de 22 euros pour l’amende minorée, 35 euros pour l’amende forfaitaire et 75 euros pour l’amende majorée.

Perd-on des points pour avoir conduit en tongs ?

Non. La contravention fondée sur l’article R. 412-6 n’entraîne pas de retrait de points. Le conducteur peut donc recevoir une amende sans que le solde de son permis de conduire soit affecté. L’absence de retrait de points ne signifie cependant pas que le procès-verbal est sans conséquence. Le conducteur doit notamment décider s’il accepte l’infraction ou s’il souhaite la contester.

La voiture peut-elle être immobilisée ?

Oui. L’article R. 412-6 prévoit expressément que l’immobilisation du véhicule peut être prescrite lorsque le conducteur n’est pas en état ou en position d’exécuter correctement les manœuvres nécessaires. Cette immobilisation n’est toutefois pas automatique. Dans la pratique, la poursuite du trajet peut notamment dépendre de la possibilité de supprimer immédiatement la gêne constatée. Il peut donc être utile de conserver une paire de chaussures adaptée dans le véhicule. Les chaussures retirées ne doivent pas être laissées au niveau du pédalier, où elles pourraient elles-mêmes se coincer sous une pédale.

Peut-on contester une amende pour conduite en tongs ?

Une amende fondée sur l’article R. 412-6 peut être contestée. L’opportunité d’une contestation dépend néanmoins des mentions du procès-verbal, des faits constatés et des preuves disponibles. Le principal point à vérifier est la manière dont l’infraction a été décrite. Le simple fait d’indiquer que le conducteur portait des tongs ne démontre pas nécessairement qu’il ne pouvait pas effectuer commodément et sans délai les manœuvres qui lui incombaient. La contestation peut notamment être étudiée lorsque le procès-verbal ne fait état :
  • d’aucune difficulté à utiliser les pédales ;
  • d’aucune chaussure coincée ;
  • d’aucune limitation des mouvements ;
  • d’aucun comportement de conduite révélant une gêne ;
  • d’aucune circonstance précise permettant de caractériser l’infraction.
Il ne suffit cependant pas de nier les faits. En matière de contraventions, les procès-verbaux établis par les agents habilités font en principe foi jusqu’à preuve contraire. L’article 537 du Code de procédure pénale précise que cette preuve contraire doit être apportée par écrit ou par témoins. Chaque dossier doit donc être examiné à partir du contenu exact du procès-verbal.

Attention au paiement de l’amende

Le paiement de l’amende vaut reconnaissance de l’infraction. Une fois l’amende payée, le conducteur ne peut plus contester la contravention.

Avant de payer, il convient donc de déterminer si les constatations portées sur l’avis sont suffisamment précises et si une contestation présente un intérêt.

Que se passe-t-il en cas d’accident avec des tongs ?

Le port de tongs ne rend pas automatiquement le conducteur responsable d’un accident. Il faut rechercher si les chaussures ont réellement joué un rôle dans sa survenance. Cela peut être le cas lorsqu’une tong s’est coincée sous une pédale, a retardé un freinage ou a empêché le conducteur de réagir normalement. Les circonstances de l’accident, les déclarations des personnes impliquées, les constatations des forces de l’ordre et les éventuelles expertises peuvent alors être prises en compte. La seule présence de tongs dans le véhicule ne suffit pas nécessairement à démontrer qu’elles sont à l’origine de l’accident.

L’assurance peut-elle refuser de vous indemniser ?

Il est excessif d’affirmer que le port de tongs permet automatiquement à l’assureur de refuser toute indemnisation. Il faut distinguer plusieurs situations. La garantie responsabilité civile obligatoire couvre les dommages corporels et matériels causés aux tiers. Elle ne couvre pas, en revanche, les dommages subis par le conducteur responsable ni ceux causés à son propre véhicule. L’indemnisation du véhicule du conducteur dépend des garanties facultatives souscrites, par exemple la garantie dommages tous accidents. L’indemnisation des blessures du conducteur dépend également de la présence d’une garantie personnelle adaptée. Une formule tous risques peut couvrir les dommages subis par le véhicule, y compris lorsque l’assuré est responsable, mais elle reste soumise aux conditions et aux exclusions prévues par le contrat. Ces exclusions doivent être mentionnées dans celui-ci. En cas d’accident, l’assureur pourra donc examiner :
  • les garanties souscrites ;
  • les exclusions du contrat ;
  • la responsabilité du conducteur ;
  • le lien éventuel entre les tongs et l’accident ;
  • la nature des dommages concernés.
Le port de tongs ne doit pas être présenté comme une cause automatique de déchéance de garantie.

Note de l’avocat

Il est excessif d’affirmer qu’un assureur refusera nécessairement toute indemnisation dès lors que le conducteur portait des tongs. Il faut distinguer les dommages causés aux tiers, les dommages du véhicule et les garanties personnelles du conducteur.

Peut-on conduire en claquettes, en sandales ou pieds nus ?

Le même principe s’applique aux claquettes, aux sandales, aux talons et à la conduite pieds nus. Aucune liste générale ne détermine les chaussures autorisées au volant. Le conducteur doit néanmoins rester en mesure de contrôler son véhicule et d’effectuer toutes les manœuvres nécessaires.

Conduire en claquettes

Les claquettes sont généralement moins bien maintenues que des chaussures fermées. Elles peuvent glisser, quitter le pied ou se coincer sous une pédale. Leur port n’est pas automatiquement interdit, mais une verbalisation reste possible si elles gênent la conduite.

Conduire avec des sandales

Les sandales correctement attachées au pied présentent en principe moins de risques que des chaussures entièrement ouvertes. Elles doivent néanmoins permettre d’appuyer précisément et fermement sur les pédales.

Conduire pieds nus

Conduire pieds nus n’est pas expressément interdit. Le conducteur doit toutefois pouvoir utiliser les pédales sans douleur, sans glissement et avec suffisamment de force. Le pied nu peut également être plus sensible à la chaleur, au froid ou à la pression de la pédale lors d’un freinage appuyé.

Conduire avec des talons

Les talons peuvent modifier la position du pied, réduire la surface d’appui et gêner le passage rapide d’une pédale à une autre. Là encore, ce n’est pas le type de chaussure qui est directement sanctionné, mais son incidence sur la capacité à conduire.

Quelles chaussures privilégier pour conduire ?

Pour conserver une bonne maîtrise des pédales, il est préférable de choisir des chaussures :
  • correctement maintenues au pied ;
  • dotées d’une semelle adhérente ;
  • ni trop rigides ni trop épaisses ;
  • permettant de sentir la pression exercée sur les pédales ;
  • dépourvues d’éléments susceptibles de se coincer ;
  • suffisamment confortables pour ne pas limiter les mouvements.
Une paire de chaussures de rechange peut être conservée dans le coffre ou dans un compartiment fermé. Il faut éviter de déposer des tongs, des claquettes ou tout autre objet sur le plancher, à proximité des pédales. Une chaussure retirée peut se déplacer pendant le trajet et bloquer la pédale de frein.

Questions fréquentes sur la conduite en tongs

Est-ce interdit de conduire en tongs ?

Non. Aucune disposition du Code de la route n’interdit expressément les tongs. Une verbalisation reste possible lorsqu’elles empêchent le conducteur d’effectuer correctement et rapidement les manœuvres nécessaires.

Quelle amende risque-t-on en conduisant en tongs ?

Lorsque l’article R. 412-6 est retenu, le conducteur encourt une contravention de deuxième classe. L’amende forfaitaire est de 35 euros.

Perd-on des points pour conduite en tongs ?

Non. Cette contravention n’entraîne aucun retrait de points sur le permis de conduire.

Peut-on conduire en claquettes ?

Oui, à condition qu’elles ne gênent pas la conduite. Le conducteur peut être verbalisé si les claquettes glissent, se coincent sous une pédale ou limitent ses mouvements.

Peut-on conduire pieds nus ?

Oui. La conduite pieds nus n’est pas expressément interdite. Le conducteur doit néanmoins rester capable d’utiliser correctement les pédales et de réagir sans délai.

La police peut-elle immobiliser le véhicule ?

Oui. L’article R. 412-6 prévoit que l’immobilisation peut être prescrite. Cette mesure reste une possibilité et non une conséquence automatique de chaque verbalisation.

L’assurance peut-elle refuser d’indemniser un accident ?

Le port de tongs ne permet pas automatiquement de refuser toute indemnisation. La réponse dépend des garanties du contrat, de la responsabilité du conducteur, de la nature des dommages et du rôle éventuel des chaussures dans l’accident.

Peut-on contester une amende pour conduite en tongs ?

Oui. Une contestation peut être envisagée en fonction des mentions du procès-verbal et des preuves disponibles. Le simple fait de porter des tongs ne constitue pas, à lui seul, une infraction expressément prévue par le Code de la route.

Article rédigé par Maître Yann LEFEBVRE, Avocat à la Cour.

Mis à jour le 10 juillet 2026.

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